VEILLE N°43

Les titres de la presse 

02 au 16 Octobre 2023


Rédacteurs : Carla Crambert, Côme Fradelin, Emilie Krezdorn, Josué Nuss-Schildknecht
 


International


1. Séisme en Afghanistan : plus de 2 000 morts près de Herat selon les talibans,
plusieurs villages détruits


    Le samedi 7 octobre à 11h, heure locale, l'ouest de l'Afghanistan a été frappé par un séisme de magnitude 6,3 dont le bilan provisoire établi par le gouvernement taliban s'élève à 2053 morts. Zabihullah Mujahid, l’un des porte-parole du gouvernement a également fait savoir que 1240 personnes avaient été blessées. Le séisme est survenu à 40 kilomètres au nord-ouest de Herat, considérée comme la capitale culturelle de l’Afghanistan. Il a ensuite été suivi par quatre fortes répliques de magnitude de 5,5, 4,7, 6,3 et 5,9, selon le rapport de l’Institut américain des géosciences (USGS). Le séisme a également provoqué d'importants glissements de terrain dans les zones rurales et montagneuses, compliquant d'autant plus les opérations menées par les secours. 

   L'inquiétude est grande parmi les populations touchées par le séisme : « Nous étions dans nos bureaux lorsque l’immeuble a soudain commencé à trembler et les revêtements muraux à tomber. Les murs se sont fissurés, et une partie de l’immeuble s’est effondrée [...] Je n’arrive pas à contacter ma famille, les connexions de réseaux ne fonctionnent plus. Je suis trop anxieux et effrayé, c’était terrifiant », a déclaré Bashir Ahmad, un afghan de 45 ans à l'Agence France Presse. 

    L’Afghanistan est souvent frappé par des séismes, notamment dans la chaîne de montagnes Hindou Kouch, proche du point de jonction entre les plaques tectoniques eurasienne et indienne. Cela fragilise d'autant plus l'équilibre national qui s'est considérablement détérioré depuis le retour au pouvoir des talibans en 2021.


2. Le budget 2024 de la Russie montre qu'elle se prépare à une longue guerre en
Ukraine


    Pour la première fois de son histoire contemporaine, la Russie a projeté de consacrer 6% de son PIB à sa défense, soit une augmentation de 70%, si bien que les dépenses militaires prévues (107 milliards) devraient dépasser les dépenses sociales (74 milliards). Le budget 2024 est encore en attente d'être validé par la Douma d'Etat, la Chambre basse de l'Assemblée fédérale de Russie. De plus, l'Etat fédéral russe prévoit que les recettes seront en hausse en 2024, tandis que le déficit devrait passer sous la barre de 1%. L'industrie de la défense est actuellement l'une des sources majeures de croissance économique du pays avec les exportations de matières premières et fossiles, et connaît un taux de chômage historiquement bas de l'ordre de 3%. Pour rappel, la Russie pourtant touchée par un onzième train de sanctions économiques par l'Union européenne en juin dernier, a connu en juillet 2023 une croissance de 4.9%, et une inflation relativement contrôlée de 4.5%.


3. La France a « donné son accord » à l’Arménie en vue de livraison de matériel
militaire


    Lors d’une conférence de presse le mardi 3 octobre 2023 à Erevan, capitale de l’Arménie, Catherine Colonna, ministre française de l’Europe et des Affaires étrangères a annoncé que la France avait donné son consentement pour conclure de futurs contrats avec l’Arménie, permettant la livraison de matériel militaire pour assurer sa défense dans son conflit contre l’Azerbaïdjan. La ministre a insisté sur le fait que l’Azerbaïdjan n’avait « eu de cesse de s’armer pour entreprendre des actions », tout en assurant au contraire que la France agirait « avec esprit de responsabilité de part et
autre et sans aucun esprit d'escalade ». 

    Au-delà du contexte du conflit du Haut-Karabakh, ce rapprochement entre l’Arménie et la France permet à l’Arménie de s'éloigner de son alliée traditionnelle, la Russie, chez qui elle s’arme historiquement. Le premier ministre Arménien, Nikol Pachinian avait d’ailleurs déclaré que l’Arménie n’était pas une alliée de la Russie dans son conflit avec l’Ukraine. Cet accord avec la France permet ainsi à l’Arménie de se rapprocher des pays occidentaux.



4. La Pologne va voter : 10 points pour comprendre les élections de dimanche


    Le dimanche 15 octobre, les citoyens polonais sont appelés aux urnes pour renouveler leur Sénat, élire une nouvelle Diète (chambre basse du Parlement) et donner de leur voix lors de quatre référendums. 

    Ces élections sont polarisées, d’un côté, par le parti national-conservateur Droit et justice (PiS) présidé par Jarosław Kaczyński, dont est membre le Premier ministre Mateusz Morawiecki au pouvoir depuis 2015, et de l’autre par la Coalition civique (KO) libérale-centriste, dont le principal parti, la Plateforme civique (PO), est présidée par l’ancien président du Conseil Européen Donald Tusk. 

    Cette campagne électorale est visée par des accusations de manipulations de la part du PiS, donné gagnant par les sondages (37% contre 30% pour la KO), en particulier en ce qui concerne l’usage des médias. La question migratoire est notamment au coeur des débats, le gouvernement actuel étant empêtré dans un scandale de corruption pour l’attribution de visas à des migrants d’origine africaine ou asiatique. 

    Mais surtout, cette élection nationale est d’une grande importance pour l’Union Européenne. En plus des questions d’économie et des dépenses sociales liées au plan de relance post-Covid, l’une des questions posée lors des référendums est : « Soutenez-vous l'admission de milliers d'immigrants illégaux du Moyen-Orient et d'Afrique dans le cadre du mécanisme de relocalisation forcée imposé par la bureaucratie européenne ? ». La politique nationale polonaise est ainsi imbriquée dans la politique européenne si bien que les résultats de ce scrutin pourraient redessiner les contours d’une Union dans laquelle les partis nationalistes se renforcent.
 

Guerre Israël-Hamas


5. Dans l'enfer de Tribe of Nova, festival devenu symbole du massacre en Israël


    Tribe of Nova, un festival de musique tectonique qui a vu le jour au Brésil il y a 20 ans, était organisé pour la première fois en Israël le vendredi 6 octobre dernier pour célébrer "l'amitié, l'amour et la liberté infinie", d'après les organisateurs Osher et Michael Wakni. Organisé dans le désert du Néguev, à cinq kilomètres de la frontière avec Gaza, le festival s'est pourtant terminé dans l'horreur pour les 3500 personnes présentes à l'événement. 

    A 6h30, des bruits sourds commencent à se faire entendre, suivies d'étincelles et d'explosions. Il s'agit des premières roquettes tirées par le Hamas interceptées par le Dôme de fer, le système de défense antiaérienne israélien. Puis, des hommes armés investissent les lieux par paramoteurs, motos et pick-ups. C'est alors que commence une vaste chasse à l'homme : les assaillants abattent les festivaliers qui se trouvent sur leur chemin ainsi que des agents de sécurité et des policiers. Les festivaliers essayent de s'enfuir par tous les moyens, notamment grâce a leur véhicule ce qui engendre d'importants embouteillages. Les deux seules solutions sont se cacher ou fuir à pieds à travers les champs environnants. 

    D'autres participants, ne pouvant trouver refuge dans cette partie largement désertique, se sont allongés parmi les cadavres pour espérer s'en sortir. D'après des rescapés, l'armée israélienne a mis six a sept heures avant de pouvoir reprendre le contrôle de la zone. Le bilan est lourd : au moins 270 morts, des dizaines de carcasses de véhicules incendiés et de nombreux disparus, probablement enlevés par le Hamas pour servir d'otages à Gaza.

 

6. Fausse alerte sur une infiltration aérienne au nord d'Israël sur fond de crainte
d'une attaque du Hezbollah


    Les sirènes d'alertes ont retenti dans la province nord d'Israël mardi 10 octobre au soir,par crainte d'une intrusion aérienne par ULM ou drones du Hezbollah, l'autre groupe anti-israélien de la région avec le Hamas, situé lui au Liban. La crainte d'une intrusion de commandos d'attaques du Hezbollah, que l'on sait être l'une des organisations nonétatique la plus dotée militairement, a ravivé les peurs des dirigeants et de la population israélienne. Le Hezbollah posséderait plus de 150 000 rockets de courte-portée, des centaines de missiles balistiques, une dizaine de missiles supersoniques antinavires et toute une variété de drones. 

    Cependant, l'armée israélienne a par la suite démenti dans plusieurs communiqués la réalité d'une intrusion du Hezbollah, invoquant une erreur humaine. Le 12 octobre, Israël frappait les aéroports d'Alep et de Damas situés au sud de la Syrie, près de la frontière avec Israël, détruisant les pistes d'atterrissage. Un avions iranien, suspecté par les Etats-Unis et Israël de venir apporter un soutien matériel et logistique au Hezbollah, a dû faire demi-tour vers Téhéran. Un autre avion, transportant le ministre des Affaires étrangères iranien, Abdullahian, a dû lui se poser à Bagdad. Dans le même temps, le Hamas a appelé toutes les forces pro-palestiniennes de la région à se réunir pour prendre contrôle de Jérusalem. Le Pentagone a envoyé un de ses porte-avions, le Gerald R. Ford, pour protéger la côte méditerranéenne d'Israël et afficher son soutien, tant symbolique que matériel, à un État désormais en guerre.

 

7. Guerre Israël-Hamas : l’armée israélienne appelle à « l’évacuation de tous les
civils de la ville de Gaza », laissant présager une offensive terrestre


    Le vendredi 13 octobre au matin, l’Organisation des Nations Unies a annoncé que l’armée israélienne avait ordonné aux civils du nord de la bande de Gaza une évacuation sous 24h. Tsahal, l’armée israélienne, a appelé dans un communiqué à cette évacuation des civils de la ville de Gaza « pour leur propre sécurité et leur protection ». 

    Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric a déclaré que « les Nations Unies appellent fortement à ce que cet ordre […] soit annulé pour empêcher de transformer ce qui est déjà une tragédie en une situation calamiteuse », cette demande l’ONU résulte de la considération selon laquelle l’évacuation d’1.1 million de personnes serait impossible sans des « conséquences humanitaires dévastatrices ». L’ambassadeur d’Israël à l’ONU, Gilad Erdan, a réagi à cette demande en dénonçant une ONU « fai[sant] la leçon à Israël » alors même que celle-ci a « fermé les yeux face au Hamas qui s’armait et utilisait la bande de Gaza pour cacher ses armes ». 

    La bande de Gaza est une enclave dans laquelle résident 2.4 millions d’habitants qui depuis 2006 vivent sous un blocus terrestre, aérien et maritime. Elle est désormais assiégée par Israël et privée d’eau, d’électricité et de nourriture. Au 7ème jour de la guerre entre Israël et le Hamas, on compte 1 200 personnes (majoritairement des civils) tuées en Israël. Quant à la bande de Gaza, les autorités locales déplorent 1537 morts dont de nombreux civils. Tsahal a annoncé avoir largué sur la bande de Gaza 6 000 bombes, à quoi s'ajoute le déploiement par l'armée israélienne de dizaines de milliers de soldats autour de Gaza et sur la frontière Libanaise. Subsistent enfin les présages d’une offensive terrestre à Gaza.
 

 


Association Panthéon-Sorbonne Sécurité Défense (P1SD)

PANTHÉON-SORBONNE SÉCURITÉ-DÉFENSE

Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

12 Place du Panthéon

75005 Paris

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